
Trombidion.nes
danser l’imprévisibilité
« Que peut le théâtre en temps de pandémie, de confinement, de guerres, de colère sociale, en des temps où la maladie, la violence, parfois indicible, la haine, la division, le ressentiment, le sentiment d’abandon, la solitude, s’intensifient jusqu’à l’absurde, à l’insupportable ? Le traditionnel lieu d’où l’on voit, le théâtre, ne doit-il pas se transformer parfois en lieu où nous ressentons d’abord ensemble des sentiments, des émotions qui guérissent, ou au moins adoucissent, unissent, en nous faisant participer à un destin commun, en nous faisant ressentir notre identique appartenance à l’humanité ? Tout en faisant voir, le théâtre n’a-t-il pas alors aussi et d’abord à apaiser, donner de l’espoir, de l’énergie, de la force, un peu partout dans le monde, par l’intensité brûlante des sujets actuels dont il s’empare et de l’art dont il fait preuve pour les traiter ? »
Béatrice Picon-Vallin, 2024
Trombidion.nes interroge les réactions du vivant face à l’inattendu.
Cinq acariens, surpris par une pluie de poussières à laquelle iels sont allergiques se retrouvent entraîné.es dans une spirale qui les dépasse. Une expérience chorégraphique où l’infime devient vertigineux et où l’adversité se danse.
La gestion d’un groupe face à l’imprévisible dévoile la puissance des liens entre les individus. Quelles sont les comportements des vivants face à la catastrophe inattendue ? – la désolidarisation ou la réunion ? À quoi et comment le groupe peut-il se raccrocher pour lutter ensemble ? Ces questions sont envisagées dans les réflexions politicophilosophiques à propos de l’ère du covid-19. Comment la pandémie, certes prétendue, a-t-elle redessinée les liens entre êtres humains d’une même société ? Ces réflexions sont aussi transposables à d’autres évènements imprévus. Comment toute une ville réagit-elle suite à une inondation ? Ou encore, comment une famille accueille-t-elle une mort inopinée d’un.e de leurs membres ? En clair, qu’est-ce que la catastrophe inattendue engendre au sein d’un groupe ? Les êtres humains cherchent-ils un plaisir commun malgré l’adversité ? Ou bien, se déchirent-ils face à un manque de contrôle de la situation ? Réussissent-ils à trouver une lutte commune et s’organiser de sorte d’être encore plus forts ensemble, dans le futur ? lParis, qui pourtant reposait dessus. Ils étaient libres des routes, libres des hommes, et la même exaltation de leur liberté les traversait tous.
Le spectacle retrace une partie (non exhaustive) des possibilités de réaction face à la catastrophe incontrôlable
Ce spectacle représente l’évolution d’un groupe, (en l’occurrence animal). Là n’est pas question de mettre en avant des femelles ou des mâles, mais plutôt des identités neutres. L’écriture inclusive du titre permet de retranscrire cette intention. La chorégraphie est basée sur trois principes : le jeu ludique, l’effacement de la frontière entre fiction et réalité, la narration. Le spectacle commence avec des blagues. Les interprètes entrent sur scène et rigolent, se remémorent de vieilles chansons. Leur attitude est décontractée et légère. Elles sont 5, dans un environnement qui leur est commun, familier et agréable. La frontière entre fiction et réalité se fait ressentir à différents moments de la pièce. Alors que les interprètes rentrent sur scène de façon bipède, tels des humains, progressivement une manière d’être au monde, beaucoup plus terrienne va naître – un dos rond, des mains aux doigts allongés et collés, des yeux écarquillés et interloqués amendant fiction et rêverie à leurs corps. Parfois, par des jeux de silence, ou des regards publics, nous sortirons de la narration purement fictionnelle et reviendrons à la réalité tangible, d’un spectacle en cours de représentation. Ce flou entre fiction et réalité permet de créer du trouble et fait réfléchir sur notre condition humaine, et notre anthropocentrisme.
Cette pièce se veut poétique, fantastique et épique.
Destinée aux adultes, comme aux enfants, c’est un spectacle de danse où les corps éternuent, toussent, se frottent, s’entrechoquent, se rencontrent, se séparent, se rapprochent.
Teaser (à venir)
Teaser de la pièce en cours de création
Réalisation Eliah Benoit
Historique
mai 2024 : résidence Université Toulouse Jean Jaurès / 14 mai 2024, 18h30 : scène ouverte La Fabrique – CIAM / juin 2024 : création bande sonore originale Adonis Mexis /12 et 13 septembre 2024 : résidence Maison des Arts / 16 au 20 septembre 2024 : mise à disposition Centre Culturel Alban Minville / 03 décembre 2024, 19h30 : scène ouverte Le Bazar La Turbine Tiers-Lieu / 11 décembre 2024, 12h45 : scène ouverte La Fabrique – CIAM / février 2025 : résidence au Théâtre Jules Julien / 14 mars 2025, 18h30 : représentation Concours Crous, Mac Capsule Culturelle / 05 mai 2025, 20h : représentation La Chapelle / 19 mai 2025, 18h30 : représentation Festival La Fabrique CIAM / 24 mai 2025, 18h30 : représentation Festival Saint-Michel en scène / 06 juillet 2025, 21h : représentation festival Ravensare /
19 décembre 2025, 19h : scène ouverte Amigara


Crédits
– et mentions
Chorégraphie : Rebecca Perez
Interprétation : Lou-Ann Theulé, Eliah Benoit, Hélène Bloch, Hanaé Geffray, Inès Pereira
Création bande sonore originale : Adonis Mexis, Laura Benoit
Régie lumière : en cours de recrutement
Régie son : en cours de recrutement
Administration, production : Les Incisives
Communication : Eliah Benoit
Mises à disposition : Université Toulouse Jean Jaurès, Théâtre Jules Julien, Centre Culturel Alban Minville, Centre Culturel Reynerie
Partenaire : Dispositif Jeunes Pousses, MJC Roguet
les incisives

