Avec Et tes seins ont touché les miens, je m’attaque à ce qui
m’apparait être le premier handicap de l’émancipation par le heels : le souci de la “bonne” représentation de soi. Le souci de la “bonne” représentation de soi dans un cours de danse ne permet pas de porter son attention sur la sensation corporelle, physique, auditive, kinesthésique, mais plutôt sur ce que le corps “rend” à l’image. Cela pose un problème du mauvais placement de la conscience pendant l’acte chorégraphique, et peut empêcher inventivité, création de soi-même et surtout émancipation. L’émancipation des minorités de genre, et notamment des femmes, passe par un détachement de l’image de la femme associée aux femmes. L’image “de LA femme” cloisonne les femmes dans un certain rôle, une certaine apparence et une certaine forme. Venir détruire l’image, ici sur scène, ou hors scène est en réalité symbolique : cela est un leurre, car détruire l’image est aussi difficile que détruire un parpaing entièrement, mais l’intention est la même. Il s’agit d’un désir de détruire la case “femme”, la case “femme, belle, sexy, charmante, désirable, fatale”, pour la remplacer par du rien, de l’entropie, du neutre.